Mois: octobre 2013

10 conseils pour arrêter la coke

Les conseils pour arrêter la cocaïne sont rares, voire inexistants, sur Internet… Alors s’en suit ma propre méthode. J’espère te donner les tips nécessaires. Si tu me suis à la lettre, ça devrait marcher !

1. Couper certaines fréquentations
Une des règles primordiales. La plus compliquée à mettre en place aussi. C’est dur de dire à ses amis « je ne vais plus te voir en soirée ». Mais c’est infaillible, du moins pendant quelques mois. Au départ, à mes premières tentatives, j’ai continué à fréquenter ceux qui consommaient, me disant que j’allais pouvoir résister. Mais le problème n’est pas nous, cela peut aussi être eux. Il est compliqué pour un consommateur de consommer seul : il avait l’habitude de partager avec toi, qui plus est si c’est un très bon ami. Alors il proposera, c’est sûr. C’est ainsi que je suis tombée dans le panneau et que j’ai rechuté. A ma troisième tentative, la dernière et la bonne, j’ai appliqué cette méthode et j’ai coupé les ponts avec au moins six de mes amis proches. Je les voyais plutôt pour déjeuner. Mais jamais après 18h…

2. Supprimer les numéros
A faire en premier lieu. Le problème c’est que les dealers ce sont des commerciaux qui changent de numéro toutes les secondes. Si tu leur as été fidèle, ton numéro est écrit dans leur carnet et à chaque changement, il t’enverra son nouveau 07. Il ne faut donc pas hésiter à leur envoyer des « STOP » et si ça ne fonctionne pas à les appeler (en général, il flippe et te laisse tranquille après).

3. En parler à ses proches
J’en ai parlé à tous mes amis. Je leur ai raconté mes souffrances et ma décision d’arrêter. Certains ont compris, m’ont épaulée et écoutée. C’est très important d’en parler, cela permet de concrétiser la situation et de rendre véritable l’action d’arrêter.

4. Partir tôt des soirées (voire les éviter) 
Dans la catégorie « je grandis » y’a cette idée de moins sortir, peut-être pour être moins tentée aussi. Mes escapades nocturnes parisiennes en club ou soirées appart’ se comptaient à l’époque entre cinq ou six par semaine. Elles se sont réduites à une ou deux. 

Sinon, quand je sortais, si les lignes commençaient à tourner, je m’enfuyais. Cela m’a value de partir parfois avant minuit, d’être triste de rentrer chez moi, mais c’était obligé: je ne pouvais pas me faire confiance encore. Mais n’ayez crainte ! ça ne dure qu’un temps. Maintenant, 4 mois clean, et je re-sors jusqu’à 6h du matin, ça tape dans tous les coins, mais je ne suis plus tentée du tout.

5. Faire les brocantes le dimanche matin
Quel bonheur d’avoir un dimanche ! Je ne connaissais plus cela depuis mes 19 ans ! Il m’arrive de me lever à 7h ce jour là parce que j’ai décidé de ne pas sortir la veille (un film au cinéma tout au plus) et d’aller me promener le long du canal Saint-Martin. Le ciel est frais, on croise des jeunes bourrés, c’est très drôle. Mais surtout, on vit ! Finis les fins de week-end de descente au fond du lit, à ne pouvoir rien faire et se morfondre du lundi. Le dimanche devient un jour exceptionnel, et je ne fabule pas !

6. Ne PAS fréquenter les Narcotiques Anonymes
Oh non ! Si tu veux déprimer, si tu veux pleurer alors vas-y ! Au début, je pensais que c’était une bonne idée, que j’allais pouvoir rencontrer des gens qui me donneraient de vrais conseils, des personnes cool et détendus, un soutien.
Mais en fait, c’est un hôpital psychiatrique ! tu écoutes pendant 3 heures des mecs clean d’héroïne depuis seulement 1 semaine, qui ont fait 6 tentatives de suicide ou qui t’expliquent que la vie c’est de la merde. C’est la déprime assurée !

(pour lire l’article Narcotiques + Anonymes)

7. Se souvenir des pires descentes
Souvent, je me suis raccrochée à des souvenirs désastreux, des images de moi qui rentre à l’aube total fracassée, de mes pertes de mémoires, de mes sautes d’humeur, de mes hurlements, de mes pleurs, de cette fois où j’ai eu peur parce que je ne voyais plus rien…

8. Faire du sport avant de sortir
Ah ! une des meilleures solutions, très mise en pratique par les mecs ! Faire du sport avant de sortir, genre le vendredi ou le samedi de 19h à 21h, ça permet de te détendre, de sortir tout le stress de la journée, de réfléchir aussi à ta soirée. Ca donne aussi beaucoup d’énergie. Je me suis rendue compte qu’après un bon footing et bien, le soir je buvais moins et mieux, pareil pour la cigarette et je pouvais sortir bien tard. A adopter au plus vite !

9. Regarder son compte en banque
Bon, je crois que tout est dans le titre…

10. Ne plus jamais y toucher 
Alors oui : cette règle est infaillible. Si tu y retouches une fois, même au bout de 5 ou 6 mois d’abstinence ou plus ou moins, tu vas replonger. Pour l’avoir tenté ! Je me disais « oh, une trace, pas plus, ça fait trois mois que j’ai rien touché, ça va aller… » et tu finis toute la soirée avec ta paille dans le pif, et le lendemain et les semaines qui suivent. Après — avec grand malheur — c’est toute une motivation à remettre en route…

Bonus : Arrêter de fumer
Alors c’est vraiment bonus, parce que déjà si tu as arrêté la drogue dure c’est chapeau ! Mais sache que d’arrêter la clope ça aide à ne pas recommencer la coke. La cocaïne appelle la cigarette. Si tu ne fumes pas, tu réfléchiras à deux fois avant de prendre une ligne, parce que là, double échec, tu fumeras aussi.  C’est un état d’esprit, être sain, prendre soin de son corps et de son cerveau.

N’hésite pas à me poser des questions, j’y répondrai avec joie !

Juliette F.

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Je suis grunge comme Sky

© Sky Ferreira Instagram

Avril 2010 : Les apparences.

Plus t’en prends, plus tu mincis, et plus tu deviens comme toutes ces nanas des tabloïds. Tu peux alors toi aussi porter des lunettes de soleil à 7 heures du mat’ en te trimballant sur la promenade, les premiers rayons de soleil, souvent accompagnée, « on cherche un hôtel ? On prend le meilleur alors ! » les collants effilés, une flasque de sky à la main, souriante et souriante encore !

Quand tu montes les marches jusqu’à l’hôtel, tu te crois en croisette. Tes cheveux sont en bataille, tu te vois un peu comme une Patty Smith. Tu te sens grande, belle, à l’image de ceux que tu admires.

Je suis une Edie Sedgwick, je me coupe les cheveux, je ne dors plus, je ne mange plus, je fais la fête, je fume des cigarettes Vogue, je rejoins mon pseudo mec, je rigole fort au téléphone, je ne sais plus comment s’appelle ma meilleure amie (ET je ne lui donne pas de nouvelles).

OUI je suis comme Edie, un jour on viendra me chercher aussi, je serai à la Factory, on prendra plein de drogue, on rira beaucoup, on écrira, je serai pleine et remplie totale d’énergies et d’idées. On écoutera Age of Consent en boucle et moi les abeilles je les appellerais mes soeurs.

Allez, on prend cette chambre à deux, c’est juste le temps d’écouter un peu de son et de finir ce qu’il nous reste. La chambre est belle mais on n’y prête même pas attention. On s’allonge sur le lit, on rit, on retourne les draps, on ferme les volets. On s’embrasse beaucoup. On boit, « encore une goutte laisse m’en », on boit.

Le soleil est maintenant bien haut. J’ai 21 ans et je fais ma première rechute. Je pensais que j’arriverais à me détacher de cette seconde peau mais je constate à cette heure matinale, dans cette chambre d’hôtel de cette ville qui m’est inconnue, accompagnée de ce mec qui m’est inconnu, que cela ne va pas être simple de décrocher. Mais bizarrement, je m’en fous, parce que j’en avais besoin, j’avais envie de faire ma starlette.

Quand on eut fini, on s’est endormi. Je me souviens qu’on a essayé quelque chose mais j’étais trop high. Pourtant parait que ça excite, moi ça a plutôt tendance à m’inhiber de toutes ces sensations. J’aime être là-haut, je flotte sur le matelas, et quand je ferme les yeux il n’y a plus que moi…

Ouverture

J’aime me souvenir les feuilles d’automne, les dimanches au chaud chez mes parents, quand je n’étais qu’une enfant. Cette main soyeuse de maman sur ma tête, qui me tenait rassurée, et dont le geste simple, caressant suffisait à mon existence. C’était l’automne et on avait le droit à quelques sucreries. J’aimais goûter au chocolat chaud, tenir la tasse bien serrée pour qu’elle ne vacille, et contempler la lumière du soir apparaitre sur les toits voisins.

Aujourd’hui c’est l’automne encore, et je ne suis plus une enfant. J’ai grandi, j’ai 26 ans.

Ce blog est la réminiscence par écrit de ces huit dernières années.

Nous sommes le 21 octobre 2013 et cela fait quatre mois que je suis en rehab – désintoxication – renaissance. Mon esprit a repris son rythme, mon pouls est régulier, je m’endors à des heures convenables.

Non, il faut pas croire. Je suis une personne intelligente, douée et sociale. J’adore m’amuser, faire la fête, faire l’amour et rencontrer… c’est citable à l’infini. Je n’étais pas une junkie dans le caniveau, mais dans d’autres mesures, une junkie qui se cache bien. La cocaine, ça ne se voit presque pas.

Qu’a-t-il pu se passer pour que j’en arrive jusqu’au trou le plus profond et minable de mon existence ? Ce blog est pour tous jeunes qui ont perdu ce-quelque-chose, qui ont glissé à un instant où ils étaient seuls, ou simplement qui ont été aspiré dans cet infernal recherche de jeunisme, de fête et d’acceptation de soi au sein d’un groupe. J’ai eu beaucoup de peine à retrouver ce-quelque-chose perdu.

Le jour où j’ai décidé d’arrêter, pour la première fois, c’était en 2011. Oui je sais, j’ai mis plus de 2 ans. Et ça m’a coûté des dizaines de rechutes, des milliers de billets, des centaines de grammes. Comme quoi, ce n’est pas facile du tout.

Mais on y arrive.