L’héroïne de Philip Seymour Hoffman

Nous sommes dimanche 2 février 2014. Dimanche de repos, de famille, de brocantes. Il fait beau.

C’est aussi le jour de la mort de Philip Seymour Hoffman. Acteur sublime dans Truman Capote, 46 ans, il a été retrouvé mort d’une overdose, la seringue au bras.

C’est aussi la chandeleur. J’ai préparé des crêpes. Deux copines sont venues, on a mangé, on a ouvert du cidre. Puis elles ont sorti la poudre. C’était bizarre. Je me sentais comme « la jeune qui ne fume pas ». Pourtant c’est dimanche. Pourtant c’est de la drogue dure. Ca devrait être normal de ne rien prendre. Et c’est plutôt anormal finalement. Suis-je devenue l’anormale ?

Philip Seymour Hoffman est mort, de drogue. Faut-il être dedans pour réussir ?

Quand des chiffres aussi désastreux que 400 000 personnes en France consommeraient régulièrement de la cocaïne, quand on réalise que les plus grands meurent d’overdose, quand on lit sur Facebook des commentaires comme « sans ça ils ne seraient pas ce qu’ils sont devenus » parfois je me demande où je suis, pourquoi, et jusqu’à quand ? 

Moi j’ai arrêté, et j’ai cette affreuse impression que personne autour de moi ne prend le même chemin.

Toute cette poudre permet de paraitre, dans ce pays où paraitre est un leitmotiv pour vivre. C’est presque comme si le fait de ne rien prendre me mettait dans le rang de la fille bien trop rangée. Parce que pour avoir de l’esprit, paraitre intelligente, avoir la fibre artistique, il faut se défoncer ? Parce que les artistes ont besoin de drogue pour réussir à avancer dans la vie normale ?

Et bien parfois, ils ont raison.

Je sais que je peux, moi aussi, me retrouver de façon trop franche face à mes réalités et angoisses. Et je n’ai plus ma petite trace pour aller mieux et oublier. Je n’ai plus mon masque pour me retrouver en direct avec face à ma conscience !

Alors j’imagine une ligne que j’enfile, une cigarette que j’allume… Je m’allonge sur le lit… Et de ma fenêtre, regarder le ciel de Paris, m’évader. Ne plus penser à rien. Etre évaporée. Zéro. Niet. Le cerveau sur off. J’en rêve comme c’est pas permis.

photo 1-1

Je suis sur le point d’appeler quelqu’un pour qu’on me redonne un numéro pour que je puisse appeler un dealer. 30 minutes suffiraient. Et je serai high.

Mais je ne le fais pas.

Parce que de les voir se mettre, sniffer la cocaïne, renifler, je réalise très vite que je méprise simplement le fait qu’elles le fassent. Pourtant ce sont des amies. Mais là à cet instant (ça ne dure que quelques secondes) je les déteste. Qu’elles n’aient pas la courtoisie de ne pas le faire. Alors que je les ai invitées chez moi pour manger des crêpes.

Je leur en veux qu’elles soient obligées, qu’elles en ressentent l’envie plus que le désir d’être en ma compagnie. En prendre, parce que la veille elles en ont pris aussi, et là, elles sont fatiguées. La même boucle, le même enfer, toujours. En prendre, parce qu’une d’entre elle est en vacances à Paris, et qu’elle ne vient jamais, et qu’il faut bien s’amuser.

J’ai photographié leur trace de coke :

photo 2

Ce qui me dérange aussi est le fait que, dans ce milieu, à un moment, la conversation va tourner autour de ce sujet : la cocaïne. Elle est dans toutes les bouches, à tous les diners, apéros ou autres. Que ce soit pour raconter la nuit précédente, le dealer, la came, les gens qui arrêtent, les gens qui en prennent trop… Parfois, je suis fatiguée de tout cela. J’aimerais ne pas connaitre ce produit pour ne pas y être exposée. Qu’on ne m’en parle jamais, jamais, jamais. Jamais plus.

C’est une drogue psycho-addictive. Tu fumes une cigarette et tu bois un verre, tu penses à la cocaïne. Tu prends de la cocaïne, tu parles de cocaïne.

Voilà, c’était un billet d’humeur du dimanche soir. Il est minuit. Je vais me coucher. Je suis fatiguée par tant de mépris.

Bonne nuit et prenez soin de vous, à mort.

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54 commentaires

  1. je découvre par hasard votre blog, continuer d’écrire vous avez un talent. continuer votre rétrospection il pourra être un guide, un ami pour des personnes coincées dans ce trou.
    bon courage,
    au plaisir de vous lire

    1. Merci !
      je suis en train d’écrire un livre, une sorte de voyage au sein de notre génération faussement riche, faussement cool, désoeuvrée, à la recherche de soi et de l’autre.

      Merci encore à bientôt

  2. C’est par hasard, un de ces errements qui prouvent qu’internet n’interdit pas de se perdre que je me suis retrouvé sur votre blog. Au propre comme au figuré. Je vous souhaite du courage, le même que je me souhaite à moi même. Après quelques années passées à croire que tout m’était possible (et permis), à arriver deux heures en retard aux rdv du matin (avec lunettes de soleil!), à me prendre pour une rock star à bon compte (quelques milliers d’euros par mois tout de même), après tout cela et malgré tout cela: je ne regrette rien. Cette expérience, néfaste dans bien des domaines (surtout la santé, j’ai quelques années de plus que vous), fait partie de ma vie, elle a contribué à me construire, à me faire évoluer, elle était d’une certaine façon nécessaire. Je devais en passer par là. Comme les stations, non pas d’un chemin de croix, mais d’un chemin de moi. La cocaïne m’a ouvert les yeux avant de les voiler, de les retourner contre moi, mais ce qu’elle m’a apporté n’est pas uniquement du vent et de la poudre… J’ai appris à connaître mes travers, les petits, les vilains et les gros, comme cette obsession du contrôle. La cocaïne, elle était faite pour moi, j’en prenais déjà avant d’en prendre. Elle n’a fait que gratter là où ça faisait mal… Je me permets de vous dire cela parce que j’ai apprécié votre écriture. C’est personnel, mais j’ai réalisé que je travaillais bien mieux, que j’étais plus créatif sans produit. Ce que m’apportait la cocaïne n’était pas illusoire, c’était un passage, une étape. Comme le disait Gilles Deleuze (je vous conseille son Abécédaire à l’entrée “alcool“, il a juste tout compris, c’est impressionnant), on peut accepter de payer de sa personne s’il y a une contrepartie, si ça aide à faire quelque chose de concret. En ce qui me concerne, la cocaïne ne correspondait plus à cette définition. Elle ne m’aidait plus à rien. Alors j’ai dit stop et j’essaye de tenir bon, malgré ces putains de num qu’ils balancent à la chaîne.
    L’important, c’est l’ennui, je veux dire: l’éviter…

    1. Bonjour, merci pour votre commentaire. Notamment la phrase : « La cocaïne m’a ouvert les yeux avant de les voiler »
      Je suis tellement d’accord avec vous. C’est ce que je vais traduire tout au long de ce blog, comment d’une excitation folle et juvénile cette drogue est devenue féroce avec moi. Au début, les premières années, la cocaine c’était fou. Ca m’a rendue moi, celle que je suis maintenant. Mais la descente aussi m’a rendue moi, celle que je suis maintenant. C’est un chemin. Que je ne souhaite à personne. Parce que des milliers de jeunes se perdent là dedans aujourd’hui.
      Merci encore.
      Bonne continuation.

      1.  » Au début, les premières années, la cocaine c’était fou. Ca m’a rendue moi, celle que je suis maintenant. Mais la descente aussi m’a rendue moi, celle que je suis maintenant.  »

        Tellement vrai mais tellement dur de comprendre qui on est au bout d’un moment… Surtout dans cette période de transition,

        Déjà 2 semaines, je tiens le coup !!

        Merci pour tes expériences dans lesquelles je me retrouve tant… Et quel courage ;)

  3. merci pour ce bon blog, bien écrit, qu’il faudra transformer en livre peut-être.
    tu as raison : tes amies ont été égoïstes ce jour-là.
    il faudrait peut-être éviter ce genre de situation, risquée et pénible.

  4. Salut Juliette,
    Merci pour ce joli moment de lecture sur ton blog! J’ai quelques points communs avec toi, l’âge et l’addiction notamment (ainsi que l’envie d’y mettre un terme), on s’est peut être même croisé un soir dans Paris.. Je ne peux que saluer ton talent pour l’écriture et la motivation dont tu fais preuve.

    Je me souviendrais qu’une Juliette, quelque part à vécu une situation similaire à la mienne et s’en est sortie plus vivante,

    merci!

    Nico

  5. Tiens le coup, je suis en train de me sortir des polytox « légales » (tabac, alcool).
    C’est presque aussi dur. Comme tu le dis, le pire c’est qu’on s’isole hélas, limite on comprends pas que tu veuilles arrêter…
    On aimerait bien que les autre se disent « Bah, finalement elle a raison, on devrait profiter de son courage, et arreter avec elle », mais non, au contraire, la distance se creuse avec ceux qu’on a un jour aimé, et la solitude vicelarde te prends par derrière. Ca fait mal.

    Du coup on remet tout en cause, on se dit qu’on a peut etre tout gaché pendant toutes ces années à trainer avec des gens plus ou aussi malade que soi, on oscille à les voir comme bourreaux ou comme victimes…

    Si je peux te donner un seul conseil, profite pour tout recommencer, à zéro.
    Tout éteindre, ne plus attendre des autres quoi que ce soit. Tout recommencer, tout reprendre, tout changer. Reboot complet.
    La première chose faite au matin, change la, celles du soir…surprends toi, fais toi des surprises, invente toi une nouvelle vie.. Il y a tellement de choses à faire que tu ne faisais plus à cause de cette merde.

    Le bonheur de se mater un film au cinéma seule, trainer 2 heures à boire un chocolat chaud dans un café chaleureux…mater une expo tellement à chier qu’elle en devient drole…

    Et c’est grosse salope de coco finera par quitter ta tête, chaque jour un peu moins présente, jusqu’a ce que ne soit plus qu’une saleté de souvenir.

    Tu n’es pas la seule à avoir trouvé l’envie de vivre, et tu vas voir, sortir de cette horreur va te remboursera 100 fois ce qu’elle ta fait perdre.

    Ai confiance en toi. Moi j’ai confiance en toi.

    1. Ca fait bientôt 7 mois que je n’ai rien pris !
      Et j’en suis tellement contente, j’en suis débarrassée. C’est pourquoi je peux écrire tout ce passé, parce que maintenant c’est du VRAI passé !

      Merci beaucoup !
      Bonne continuation

  6. Merci beaucoup pour ce blog. Il est agreable a lire, il est poignant, il nous rapelle qu’il y a des tentations contre lesquelles il faut se battre… Je suis impressionne par ton courage : j’espere que tu es fiere de t’en etre sortie, car il y a de quoi. Quant a ta jeunesse, come on! t’as 26 ans ? T’as encore largement le temps d’en profiter, parole de jeune trentenaire. Et il parait meme qu’il y a des vieux qui profitent de la vie (un exemple si l’anglais ne te rebute pas : http://www.slate.com/articles/double_x/doublex/2014/02/iris_krasnow_s_new_book_sex_after_women_share_how_intimacy_changes_as_life.html ) ! Merci encore, on est tous avec toi pour que t’aies une vie geniale, a fond sur l’autoroute sans ligne blanche.

    1. J’en suis très fière, c’est pourquoi j’ai décidé de prendre mon clavier en main. 7 mois que je suis clean, y’a de quoi !
      Et oui je suis jeune, et je bosse comme une folle et j’en suis ravie !
      Et je ressors le coeur léger !

  7. Yes Juliette, take care. Tous ces sentiments mêlés et contradictoires que tu décris … dur dur. Mais tu as 100 fois raison, continue !

  8. Pauvre petite fille riche. Tu ne seras jamais connue, ni talentueuse.. :(
    Réfugions nous dans la drogue, et surtout blâmons notre entourage. Ne changeons rien.

  9. Bem moi je vais pas y aller par quatre chemins, c’est grâce à Manon que je découvre ton blog… Quant à FSH, que dire… ? j’ai revu « Truman Capote » hier, quel gachis ! quel talent qui s’en va.
    allez, je te mets dans ma liste des favoris :)

  10. Tiens bon Juliette ! Et continue à partager avec nous tes émotions avec tant de sensibilité. Il y a dans l’aventure que tu nous racontes un cheminement bien plus universel que le simple renoncement à la cocaïne. Tes mots sont un souffle d’encouragement pour tous ceux qui se sont un jour cachés, enfuis par peur de croiser leur reflet dans le miroir. Qui un jour se réveillent et se rendent compte de tout ce qu’ils perdent dans la course – à la drogue mais aussi à l’argent, aux conquêtes amoureuses ou au succès professionnel. Merci de montrer qu’on peut se redresser et se regarder en face.

  11. Bonjour Juliette, je me suis reconnue dans quelques unes de tes lignes. J’ai 19 ans, et j’ai failli plonger dedans la tête la première. Du coup, en voyant ceux qui plongent ça me rend triste.. Mais je suis fière d’avoir dit stop.
    J’ai pas eu ce truc pour la coke en particuliers mais pour un peu toute ces conneries que l’on prend pour s’évader devant de la techno.
    J’ai commencé à 17 ans, je trouvais ça cool, on m’en proposait et je n’imaginais pas qu’un jour je puisse y mettre mes sous et pourtant! Au début c’était tout les 4 mois et ça a fini par toute les 2 a 3 semaine. Je voyais pas une seule de mes soirées en boîte sans ça. Surtout avec des amis à côté complètement éclatés . Ça occupait toutes mes pensées. A quand la prochaine soirée? Préparer les sous pour avoir de quoi se déconnecter quitte à faire des sacrifices dans la semaine et être en galère de tune. Compter le nombre de jour « acceptable » pour espacer les prises.
    Vraiment ridicule.
    Et puis j’ai eu un declic, je ne sais pas comment ou pourquoi c’est venu. Mais j’ai dis stop, ça m’a écœuré du jour au lendemain. Rien que penser à ma tête sous les effets de la MD ou d’autres trucs me dégoûte désormais. J’en ai repris la dernière fois en septembre. J’en suis fière. Et c’est peut être bête. Mais je me suis rendue compte de la merde dans laquelle je trainais ( c’est peut être aussi parceque j’ai vu le pote d’un ami bloqué )
    On se rend vraiment pas comte de sa dépendance avant d’arrêter.. Je me disais que je pouvais arrêter quand je voulais! En effet, c’est ce que j’ai fait. Mais c’est parce que j’ai coupé les ponts avec tout mon entourage superficiel avec qui je passait mes soirées. J’avais de la chance que par mis ces gens aucun n’étais de réel amis contrairement à toi. Mes vrais amis m’ont récupérés pour me remettre sur la bonne piste.
    Aujourd’hui je sais que j’aurais encore du mal à retourner dans ces soirées sans avoir cette tentation. Alors je n’y vais plus. Et plus je les évites, moins ça me manque.
    J’ai l’impression d’avoir vraiment tourner un chapitre. Aujourd’hui je me concentre sur moi, je fais du sport, je mange sain. Je me concentre sur des choses spirituelle. Je me reconcentre et j’ai l’impression d’avoir pris 5 ans en l’espace de quelques mois.

    Grace a tes textes je me suis aussi rendue compte à quel point ce qui m’est arrivé n’étais pas si anodin!
    Courage à toi, le plus dur est passé, j’imagine même pas a quel point ça a du être compliqué pour toi. Tu peux être fière!

    1. Bravo « J’ai l’impression d’avoir vraiment tourner un chapitre. Aujourd’hui je me concentre sur moi, je fais du sport, je mange sain. Je me concentre sur des choses spirituelle. Je me reconcentre et j’ai l’impression d’avoir pris 5 ans en l’espace de quelques mois. »

      c’est exactement ca ! continue !

    1. Merci Ben. Mais je ne peux pas les blamer. C’est compliqué pour elles. Elles ne se rendent pas compte sur le coup. Le lendemain j’ai envoyé à l’une d’elle mon article pour qu’elle réalise. Elle s’est excusée.

  12. Désolée de voir que tu as des amies aussi connes très franchement… Comment peut on faire ça à une amie qui sort de rehab (si j’ai bien suivit)? Putain. Change tes fréquentations, serieux.

  13. Juliette, tu es touchante, et j’ai les larmes aux yeux et le cœur serré en lisant chacun de tes posts… En effet, je me sens directement concernée par ce que tu écris, pour avoir moi même vécue la même chose. Vouloir jouer à la starlette en soirée, vouloir m’amuser tout les soirs, me sentir en symbiose avec moi même… Jusqu’au jour où je me suis rendue compte que j’en prenais tous les jours, sans répit, que j’avais perdue du poids, des vrais amis, beaucoup d’argent et surtout, ma joie de vivre. Je ne compte pas le nombre de fois où, après des heures de descentes, ces combats contre moi même qui m’empêcher de fermer l’œil, parfois des jours entiers, je m’étais promis d’arrêter, vainement. Puis est venu ce jour, où, lassée de ne pas y parvenir, et abandonnée sur le bord de l’autoroute par un homme qui avait compris que je ne coucherait pas avec lui, j’ai pris mon courage à deux mains et ait annoncé à ma famille, sans nouvelles de moi depuis presque 6 mois, mes diverses frasques et ma volonté de m’en sortir. C’était il y a presque deux ans. Ce fut long et difficile, mais jour après jour, j’ai repris goût à la vie, la vrai, sans artifices. Aujourd’hui, je suis en première année de médecine, et même classée de le numerus clausus pour la première partie du concours, et malgré les difficultés de la PACES, je n’ai jamais été aussi heureuse de ma vie. Je te souhaite beaucoup de bonheur.

  14. Bonjour,

    Bravo.
    Je crois que finalement, il faut vachement plus de couilles pour affronter la réalité, que pour y échapper…

    Merci pour ce blog.

  15. Yo

    Il est 9h34 du matin, je reviens du Rasputin…Sa doit te rappeler quelquechose, non?
    Insomnie classique du dimanche matin, j’ecoute bankermat en dérivant. Ayant des envies de Berlin, je tombe sur le blog de manon, qui me parle d’une juliette de paris, (ex)accros a la c…
    T’imagine le bad de te lire en revenant de soirée a 9h30 avec le flash de clan cambell a 3/4 vide posé a coté des ocb et des 2 dernières traces aligné sur mon iphone?
    Bref, jsuis bcp trop def pour te faire un grand chapitre sur comment ton blog m’a toucher en mon fort intérieur et tout ça, mais tes réflexions sur la drogue/jeunesse 21->25 sont très pertinente.
    J’arrête la avant de perdre toute cohérence mais au plaisir d’échanger avec toi, a l occasion.

  16. J’aime la photo de la trace, la cocaïne sur l’iPhone. C’est d’un snobisme exquis, d’autant plus que tu n’en as pas pris. Au royaume des bobos, les snobs sont rois.

      1. Pouvons-nous parler de déchéance alors même que toute royauté induite par les drogues n’est qu’illusoire ? En un sens, le retour à la réalité est effectivement une chute telle qu’il vaut forcément mieux ne pas descendre de son trône poudreux. Alors que les snobs, qui se moquent de la société décadente sans trop y toucher, ne tombent pas, eux ; ils trébuchent.
        A l’occasion, (ré)écoute le premier album de Meanwhile, Back in Communist Russia, un très bon indicateur de la distance que tu as pu prendre vis-à-vis de certaines choses.

  17. Bonjour,

    Tres interessant votre blogue. Si vous fumé et que vous souhaitez arreter je vous conseil le livre Easy way to stop smoking by Allen Carr celui ci explique les mecanismes du tabac (une drogue) qui ne doivent pas etre loin des mecanismes de la cocaine,

    Bonne continuation!,

  18. Bonjour, je viens de découvrir votre blog, je suis seulement une enfant sage qui n’a pas transgressé les interdits mais je voulais vous souhaiter bonne chance, bon courage, continuez d’écrire votre plume est agréable et juste.

  19. C’est bon de te lire. « Ne plus penser à rien. Etre évaporée. Zéro. Niet. Le cerveau sur off. J’en rêve comme c’est pas permis. » tu sais que c’est possible autrement : méditation, sport, dessin, musique. Moi me concenter sur un truc concret ça m’aide vachement. J’aime beaucoup coder quand je me sens mal, on code et on voit immédiatement le résultat c’est cool, on se concentre et c’est jouissif tout de suite. J’aime bien dessiner aussi, prendre des photos jusqu’à prendre LA photo qui exprime le truc que je veux.Aussi apprenfre par coeur les paroles d’une chanson ou d’un poème, sisi essaie ça marche super. Accepter de faire face à la mélancolie dans sa vie, je te conseille très très chaudement ces émission de radios : http://www.franceinter.fr/archives-diffusions/660790/2013-08 sur comment font les autres avec ces pics de désespoirs. c’est peps et super chouette. PS : chez moi tout le monde le sait, alcool seul permis, je me suis déjà mis en colère en pleurant genre psychodrame (j’hésites pas à exprimer, ça vaut mieux à mon avis que le malaise d’être spectateur de ça) et parfois, tu te rends compte qu’il n’y a plus assez d’univers commun pour garder certaines personnes en amies parcequ’elles ne sont plus capables de passer simplement un moment agréable à discuter de trucs intéressants ou sympas ou rigolos, ou prendre plaisir à faire la cuisine ou un picnic ensemble. un autre truc : depuis que seul alcool autorisé, on a testé aussi les jeux conseillés par MVidberg : http://vidberg.blog.lemonde.fr/category/jeux/ C’était pas du tout ma culture et c’était une vraie découverte pour moi, mes potes se sont moqués la première fois mais maintenant tout le monde est accro et personne n’a envie de sortir ses trucs !

    1. Sophie, tu es surdouée n’est-ce pas ? Une qui à la chance d’être en train de trouver son chemin je crois. Toi aussi c’est vraiment bon de te lire :).

  20. oh Juliette ! je vis la même chose je suis passée par toutes les cames, et l’alcool et beaucoup de cigarette. J’ai tout arrêté. Je suis devenue une ovine aux yeux de tous. A la place je fais du sport et je crée. C’est dur la lucidité. Je me suis reconnue quand tu dis que quand ça va pas y a pas d’échapatoir… ma question c’est garde-t-on vraiment les memes amis apres. Je ne me vois pas avec des amis « normaux »…

    1. Je me permets de te poster une petite réponse car pour moi ca a été une des phases de ma motivation vers l’arret : me rendre compte que je trouvais aussi des gens « normaux » cools !! Que c’était possible de tenir une soirée juste avec de l’alcool, à parler d’autre chose, avec des gens qui n’ont jamais rien tapé… etc !! Je n’en suis pas encore sortie mais j’essaye de voir mes vrais amis (qui continuent) aux heures de repas, comme le dit d’ailleurs Juliette, éviter après 18h…

  21. En lisant tes mots j’ai l’impression que tu parles de moi. J’ai l’impression que ton histoire c’est mon histoire. C’est la première fois de ma vie que je laisse un commentaire sur un blog et je suis heureuse d’avoir attendu jusqu’à aujourd’hui. J’ai également passé des heures à raconter mon addiction dans des cahiers mais sans jamais les dévoiler comme tu le fais toi.
    Aujourd’hui cela fait 9 jours que je n’ai rien pris. Mon cerveau ne veut pas s’arrêter de fonctionner…. “Ne plus penser à rien. Etre évaporée. Zéro. Niet. Le cerveau sur off. J’en rêve comme c’est pas permis.”
    J’ai juste le sentiment de ne plus être seule
    Merci

  22. Un billet qui resonne pour moi… Et pourtant je n’ai jamais pris aucune drogue. Mais je suis DJ, dans des soirees underground qui plus est, et crois moi que la, je suis definitivement une exception. C’est assez incroyable que je doive m’abstenir d’en dire du mal car je sais que nombre de mes « followers » me laisserais tomber, aveugles par leur petite addiction. Bref, je me suis perdu sur Internet et merci pour cet excellent billet. (et desole pour les accents, je blame mon clavier)

  23. Bravo Juliette.

    5 grammes par semaine, pendant 5 ans. Cinq années pendant lesquelles je gérais !
    Et puis la chance de ce matin où j’ai décidé que c’était fini, que les deux grammes qui restaient dans l’appart me regarderaient changer, quitter cette vie de merde dans laquelle je m’étais suis enfoncé, défoncé.
    Les trois premières semaines j’ai dormi 20 heures par jour.
    Les trois mois qui ont suivi, j’ai vécu au Guronsan ; beaucoup, un peu, plus du tout.
    Et puis, quelques mois plus tard ce fût la renaissance. Je me suis levé et pour la première fois depuis longtemps j’ai eu l’impression de ne plus être bloqué : mes sinus fonctionnaient tout seuls, mon regard était tout neuf et surtout, j’ai eu l’impression d’avoir sorti mon cerveau d’un étau… J’ai dessiné en quelques mois, plus de collections de meubles qu’en 5 ans.
    Quelle libération, quelle joie, quelle vie belle et difficile, mais franchement délicieuse et pleine de divines surprises !!!!!
    Manon, grâce au blog de qui j’ai découvert le votre, à raison de dire que la fête est plus belle sans cette merde. La vie aussi est plus belle.
    Les deux grammes restants ont fini sur ma table un soir où des amis étaient de passage. Je n’ai même pas eu envie. L’overdose, heureusement ne m’a pas tuée : elle était psychologique.

    Depuis ces amis d’autrefois n’en sont plus, j’ai changé de vie, changé d’amis, changé de pays même. Non pas que j’ai fuis une vie difficilement oubliable, mais mon énergie nouvelle m’a donné la chance de me remettre décemment au travail.

    Et depuis je me construis un avenir là où avant je creusais ma tombe. Tous les jours, toutes les heures, même si la vie est difficile, même si la vie est parfois chiante, je me dis qu’au lieu de se ruiner en se droguant, il fallait sauter par la fenêtre plutôt que de se tuer à petit feu. Mais non, aussi chiante qu’elle puisse paraître la vie est belle… et comme dit Fred ci dessus, “il faut vachement plus de couilles pour affronter la réalité, que pour y échapper”.

    S’il te plaît, n’abandonne jamais !
    Merci.

  24. Très beau blog, et tous ces messages d’encouragement… Je n’y ai jamais touché, mais rien qu’en lisant tous ces commentaires, on se rend compte de la détresse dans laquelle on peut se retrouver… et encore ! Bon courage à toi, et à tout ceux qui veulent s’en sortir ! J’ai une petite fille, et rien que de penser à toutes ces tentations, ça fait peur ! j’espère qu’elle n’y touchera jamais… Je te souhaite le meilleur pour la suite, continue et surtout ne lache pas, même si c’est plus facile à dire qu’à faire.

  25. Salut Juliette,

    C’est lorsque tu comprendras que cette consommation omniprésente permet à ces personnes de « camoufler » certaines fêlures, malgré l’impression de toute puissance, on aperçoit parfois l’abysse de cette superficialité.

    Amicalement,

    seba59 :rasta:

    PS: Tous les jours, pendant 5 minutes tu penses à un mauvais moment causé par la cocaïne ou avec la cocaïne. Cela permet à ton subconscient de peu à peu réapprendre que la drogue cela peut-être très bon, mais aussi franchement craignons. Sinon, comme disais le Dr. Olivenstein, tu te battras uniquement contre le souvenir d’un moment d’intense plaisir…

    Amicalement,

    Seba

  26. Bonjour Juliette,
    Je n’ai jamais pris de cocaïne mais bizarrement je me sens concernée par tes écrits … Car j’ai compris que tous mes amis y ont goûté un jour ou l’autre , y sont restés plus ou moins longtemps, et ont eu la lucidité d’arrêter à temps. Tous ont eu la décence de ne pas m’en proposer car ils respectaient mon choix de ne pas en prendre (rien que l’idée de respirer de la poudre m’ecoeure) comme j’ai respecté leur choix de se défoncer. Et ce sont toujours mes amis. Tous sauf un, pseudo rebelle antifasciste/anarchiste qui m’en a proposé plusieurs fois et me méprisait à chaque « non » répondu, qui ne se posait même pas la question de l’origine de sa drogue, qui la produit et pourquoi, en totale contradiction avec ses opinions. Il a fait plonger une de mes amies dedans, j’ai coupé les ponts avec les 2 tellement leur attitude était insupportable ( prétentieux, égocentriques, j’ai tout vu tout connu, je sais tout sur tout).
    Tes copines qui ne peuvent même pas se tenir devant toi alors que tu as arrêté, je trouve ça indécent et égoïste. Mais il est facile de juger, et l’addiction est toujours plus forte que l’amitié, je le sais car j’ai aussi eu mes côtés addict pour d’autres choses…Maintenant c’est fini, je suis redevenue normale et je te souhaite la même chose car il n’y a rien de plus épanouissant que de vivre sainement, c’est même là que tu te rends compte que tu es quelqu’un, en ayant des idées, un mode de vie réfléchi, en essayant de faire des efforts pour tes proches, en t’oubliant de temps en temps et en arrêtant de te regarder le nombril. Et tu verras que ton entourage est a l’image de ce que tu es aussi. On choisit ses amis!

    La marginalité aujourd’hui c’est être normal et sans histoires…
    Et j’ajouterais que la drogue n’est pas indispensable pour être créatif, ça c’est une vieille légende qu’on nous inculque en prenant exemple sur des artistes morts jeunes et défoncés, il y a un tas d’artistes aussi talentueux qui mènent / ont mené une vie « normale »…
    Bon courage, tu écris bien, tu as envie de t’en sortir, tu y arriveras.

  27. Je lis ton article et j’ai envie de te dire,  » cool on peut faire des trucs si tu veux « , j’ai 22 ans, bientôt 23 et je n’ai jamais rien pris, je n’ai même jamais bu un verre d’alcool, mon seul tord c’est la clope, mes démons à moi m’ont protégé de ce poison qui coule dans les veines de bien trop de gens, de mes camarades de classe à mon meilleur ami.
    Mais du coup, la drogue, la cocaïne, je n’en parle pas, jamais, alors si tu veux manger des crêpes ou boire un verre ou n’importe quoi… ;)
    C’est cool & l’écriture pour exutoire c’est pas des conneries.

    bisous bisous & tiens bon (:

  28. tu écris tellement bien. Et, je te comprends tellement. Je n’en ai jamais pris, et je n’y toucherai jamais, car j’ai quelqu’un de proche dans ma famille qui est addict.. Enfin si, j’ai goutée une fois par cette personne justement mais j’étais tellement conditionnée dans ma tête que ça ne m’a rien fait et je ne voulais pas y retoucher. Je méprise ce produit, et je me suis surtout sentie très seule. Car quand on ne consomme pas comme tu l’expliques si bien, on passe pour la fille bien rangée, coincée, qui juge les autres et surtout on se sent rejetée. Aussi,on se pose beaucoup de questions, et l’on se demande si l’on peut réussir dans la vie, être sur de soi, et même développer cette fibre artistique sans en avoir pris. Car je connais beaucoup de personnes à haute position, qui bossse non stop mais qui tienne grâce à la poudre. Les gens  » high » qui en prennent sont dans une autre bulle, dans un autre monde, entourés que de gens qui en prennent. Et le lendemain après une vague de mauvaise humeur, c’est repartit. Je ne peux malheureusement faire lire ton blog à la personne qui en aurait grandement besoin car elle me prendrait de haut et surtout ça ne ferait que l’effet inverse, et de surplus cette personne s’éloignerai de moi et me cacherai encore plus la véritée en m’envoyant de la poudre aux yeux, des mensonges; mais je connait déjà tout, bien avant qu’elle ne sache que j’avais compris. J’adore te lire, et j’espère que ça aide beaucoup de personnes qui sont addicts à cette M…. Merci à toi, et surtout Bravo et douce vie à toi, désormais que tu as su t’en sortir. ;)

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