Avant/Après : le résultat de 9 mois clean

Clap, clap, clap ! Ahlala : je mérite de m’auto-applaudir. Pas une ligne, niet, nada depuis 9 mois. Je revis ! Quelle liberté ! C’est fou !

Imaginez en 9 mois tout ce que j’ai pu faire au lieu de penser à ça, de faire la fête, ou de rester au fond du lit. Bientôt c’est le printemps, et je suis heureuse de l’attaquer peau-neuve. Je vous avez promis dans un article précédent, un topo avant/après. Et les mecs, ne passez pas votre chemin, cela peut aussi vous concerner. Merci.

Les 3 premiers mois : Aucun changement notable.
Je restais la fille instable, pleine de sautes d’humeur positives ou négatives. Physiquement j’étais très mince, trop mince. Des cernes autour des yeux que l’on tente de camoufler. Les cheveux très secs. Les ongles qui cassent en couche. Et cette vague impression d’être constamment poussée vers le vide.

Quand je buvais en soirée, très vite j’étais bourrée vue que je n’avais plus la coke pour tenir. J’ai donc redécouvert les joies de la drink-attitude de mes 17 ans : au bout de 4 verres, j’allais dormir.

D’octobre à janvier : le grand bouleversement. 
Mon pouls a ralenti et j’ai commencé à sentir la fatigue d’années de consommation. Je suis moins sortie, j’ai rangé mes talons, j’ai sorti mes pulls. L’hiver approchait aussi, peut-être est-ce lié ? En tout cas, durant 4 mois, j’ai un peu hiberné. Pour me protéger de toutes tentatives mais aussi parce que s’opérait en moi un changement délicat qu’il ne fallait surtout pas brusquer.

Niveau physique, j’ai pris 6 kilos : normal, rien de méchant, simplement ce que la cocaïne m’enlevait de gracieux. Mais sur les 6, je pense que la moitié venait de l’arrêt de la cigarette.

Mes cheveux ont poussé plus vite, sur la base ils sont devenus extrêmement brillants. Plus doux aussi, cela va de soi. Mes ongles ont repris du pep. Au niveau du visage, ma peau s’est embellie, plusieurs personnes m’ont fait la remarque, comme quoi j’étais rayonnante.

Comme je sortais moins, forcément j’ai fait moins de rencontres. Mais de toutes façons, avec ce bouleversement chimique en moi, je n’avais pas envie que l’on me touche. Ca a été comme une transformation que je devais faire seule. Je ne pouvais donc accueillir personne. Et ce fut très dur, pour moi, qui me connaissait comme une fille adorant l’amour, les rencontres, embrasser, draguer.

J’ai beaucoup dormi durant ces mois. Des nuits de 9 à 10 heures, à n’en plus finir. Je me suis laissée faire, j’en avais besoin. Avant, je dormais entre 5 et 6 heures, jamais plus.

Autres points, je me suis excusée, beaucoup. Auprès d’amis que j’ai pu blesser ou simplement dans le creux de ma tête. J’ai réussi à ne plus le vouloir ou lui en vouloir et ça aussi, ça a été une longue traversée.

Depuis fin janvier 2014 : les deux mois de renaissance.
Qui dit renaissance, dit phoenix.
Peau, nickel.
Ongle, nickel.
Cheveu, nickel.
Poids, qui s’est plutôt stabilisé, je me suis mise à la danse. Je dors bien. Je sors de nouveau. Je rechausse mes talons de 10 cm, je me sens belle et attirante. Je suis à l’écoute de mon corps. Quand je suis fatiguée, je fais une sieste. Quand je ne me sens pas de sortir, j’annule, tout simplement. Les moments d’angoisse chez moi, cette peur de louper le vernissage où tout le monde est, la soirée à ne pas manquer, l’opening blabla… tout ça, c’est bel et bien passé. Je m’en contrefous !

Sans pour autant avoir complètement changé, j’ai moins de sautes d’humeur, je suis plus raisonnée, et je vois clairement mieux mon avenir. Je fais de longues balades à vélo. Je passe des dimanches après-midis au parc sans avoir pour seul sujet de conversation « la coke d’hier » ou autres similitudes minables.

Je me suis inscrite à une oeuvre caritative et j’espère monter un groupe de parole pour les personnes qui sont ou ont été dans mon cas.

Et comme je suis une fille qui adore l’amour, les rencontres, embrasser, draguer, je te fais un bisou !

Juliette F.

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14 commentaires

  1. Et comme le disait Iggy Pop dans Coffee and Cigarettes : « J’ai arrêté de fumer, donc je peux en griller une. »

  2. on ne peut douter à te lire qu’il s’agit d’une des meilleures décisions de ta vie qui je l’espère s’annonce désormais libre ad vitam aeternam

      1. Le « adieu booba » j’imagine que ce booba est le nègre qui te vendait de la c, de toute façon la c c’est de la merde faut prendre un petit cailloux de mdma que tu met dans une petite bouteille d’eau plus un peu de sirop pour couvrir le goût amer du md, une petite gorgée (pas plus) pour se bosster pendant 3 ou 4 heures, évidemment faut avoir une activité il s’agit pas de consommer du md juste pour consommer

  3. merci…un proche consomme pas mal et je m’inquiète pour lui …j’aimerai qu’il voit qu il se met en danger, ainsi que sa femme et ses enfants. Je l’aime et je vais avoir une discution sérieuse aujourd’hui avec lui pour la première fois …j’ai toujours respecté depuis notre enfance sa liberté, mais je flipe et je pleure de cet prise de drogue qui justement est un mirage de liberté..que faire…j’ habite loin de lui…merci pour ton blog , j’ai tout lu et je trouve que tu as réussi à gravir une grande montagne… félicitation.

    1. Merci beaucoup ! Le dialogue est en effet un bon moyen d’affronter la cocaine, en parler ouvertement permet de ne plus minimiser cette poudre, courage pour lui et pour vous ! à bientôt

  4. Bonjour Juliette.

    Je lis ton blog depuis t’es débuts je crois. Quelle force … Je te trouve absolument géniale et je suis vraiment envieuse de ce que tu as réussi a faire
    Voilà 2 ans que je traine la dedans, 2 ans que je salive a l’idée d’une soirée et 2 ans que je me deseste tout les lendemains.
    d’ailleurs je suis en lendemain la tout de suite,,,, j’ai a peine dormi mais la première chose que je fais en ouvrant les yeux c’est consulté ton blog … J’ai tellement envie d’arrêter.

    J’habitais a Paris jusqua il y a 7 mois ou j’ai rejoint un certain ludo à Londres (qui t’as écrit un joli mail il y a a quelque temps. Nous attendons une copie de ton livre avec impatience. Vois tu de qui je parle?).
    Ce déménagement était clairement un pas en avant et une envie de fuir toute cette merde parisienne. Un nouveau départ.
    Après avoir fait la fête cette été ensemble on s’était dit stop. On arrête la drogue. Ensemble.
    Mais on tenait 1 semaine. 10 jours. Et paf on ressortait. Un verre puis deux puis le sms qui fait tout basculer et nous fait finir la soirée a 10h du matin.
    En décembre j’ai eu une sérieuse descente et on a une nouvelle fois dis stop. Il avait des examens a passer et on avait pleins de projets. On a tenu 42 jours.
    Il a passé son examen avec brio. Quand il est rentré a la maison on s’est dkt qu’on allait boire un verre pour fêter ça. on était déjà sortis plusieurs fois sans rien prendre et on était tellement fiers de nous. Et puis ce fameux 27 janvier on est retombé. Et depuis cest la 4eme fois qu’on fait n’importe quoi.
    Aujourd’hui j’en ai marre je me déteste et je veux changer. Alors je dis stop encore une fois. Comme tout les lendemains. Mais tu me donnes l’espoir d’y arriver …
    Je ne sais même pas pourquoi j écris. Sûrement pour me donner du courage. J’espère ne pzs relire ce commentaire un matin de descente ….

    Merci d’exister Juliette.

    Bises
    Laurène

  5. Cc je suis dans le meme cas 1 mois sans rien j’ai l’impression de revenir de 10 ans de cauchemar enfin je suis dans la réalité je me demande pourquoi je suis tombé si bas enfin je suis libre j’aimerais moi aussi en parler expliqué qu’il est très difficile d’en sortir qu’on perd tout jusqu’à sa dignité

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