Poeme — Bonjour Allen Ginsberg

Je vois des embryons désireux d’une reconnaissance biaisée par les pontes, anéantie par le fric, portant un regard sur cette réfractaire société, Je vois de l’ennui, le doute, de la haine, ça nous assaille, et nul n’est assez pour oser l’emporter, Aucun chaos, aucune famine se trainent à nos pieds, Sur nos pieds, des peines secondaires que l’on ne saurait s’infliger, Notre jeunesse s’empare d’héritages perfides, Calices des révolutions qu’elle boit avide Mais nous ne connaissons rien, Proliférant mensonges et désirs jusqu’à l’épuisement, crevés, salopards, Nous marchons, aveugles et hilares ! sous l’œil étatique, Nous livrons lucides nos corps et pensées, Endormis depuis le premier jour dans un tendre coton, Tissé entre les mains de nos chères mères divorcées, Camés gâchés par l’image, gâchés par le progrès, intense bouton, tape et ne regarde plus jamais, Ton autre, cet être, autre maitre, nous t’écoutons les yeux fermés, Pourris par la gloire souffreteuse éphémère gloire, celle que tu voudrais à tout prix épouser, Vendre ta cervelle, aller à Paris, baiser à Paris, sortir sur les boulevards, t’accueillir dans une couche aussi blanche que ton nez, Nous sommes des tiens, des seconds, secondes fois, nous réfléchissons ce que tu nous envoies, toi le petit, petite, Pour parvenir au plus haut d’une échelle posée autrefois, Tu t’effondres dans des draps entourés de sueurs et d’yeux sur toi, Nous sommes toi, mordus, perdus feignant de comprendre qui sera le prochain, Nous marquons des croix à mesure que nos vies trépassent ignorant si drogue jouxtant narines rende meilleur ou salasse, A descendre la ville, le froid sans hiver, sur nos jambes en aiguille, Un corps allongé, le bitume, il pue, il pleure, Et nous ne faisons rien, apeurés par les prémices de nos simples pensées.

Performance — Lecture du poème

 

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4 commentaires

  1. Hey Juliette Je n’avais pas vu ce poème vers Ginsberg, perdu entre des factures des pubs et d’autres saloperies qu’ils nous proposent tous les jours ! Ce menu infect que l’on devrait avaler à genoux en remerciant encore ! Putain j’ai failli ne jamais le voir… Hum !!!Intéressant ça ! Bien bien bien ce coup de froid sans hiver ;) ok ! On se rapproche là… ok buena, bonne soirée.

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