Mois: janvier 2015

L’effet « nouvelle année »

Vous avez été bien plus nombreux à m’écrire cette nuit-là, surtout quand minuit a enfin passé. Il doit y avoir un effet « nouvelle année / nouvelles résolutions ». Certains ont préféré rester seuls pour ne pas être tenté, d’autres ont crissé des dents à voir tout ce monde courir se réfugier aux toilettes une fois le dîner avalé. D’autres ont baissé les bras… (mais il faut tirer le meilleur de ces rechutes pour réaliser le lendemain que ça n’en valait pas la peine, et surtout ne pas s’en vouloir. On finit par y arriver.)

Un lecteur m’a écrit « Mon meilleur ami est un méchant petit sac » — un autre encore « J’ai une maitresse, elle s’appelle Cocaine ».

Ce qui est assez bizarre quand on arrête la blanche, c’est qu’au bout du compte, on finit par oublier. Il m’arrive parfois de penser « et si toute cette foire n’avait été que dans ma tête ? Et si la C. n’était pas vraiment une perdition ? » Comme je ne traine plus vraiment avec des personnes qui tapent, forcément je suis moins exposée à ce fléau. Mais il suffit d’une soirée, ou bien de recevoir à nouveau vos messages, pour réaliser que la C. reste un vrai problème.

Mon nouvel an s’est déroulé dans un bel appartement du Xème. Des têtes bien remplies, des personnes cordiales et chaleureuses, une musique au poil. On a bien bu, on a bien mangé, c’était vraiment royal !

Puis, la cocaïne a commencé à tourner. Le salon s’est un peu vidé, chacun cherchant à prendre en catimini. Ce qui est vraiment dommage avec la coke, c’est qu’elle isole, parce qu’après une trace il faut parler. Donc forcément, les gens restent accoudés autour du miroir pour discuter, longtemps, de philosophie, de leur vie, de leurs amours aussi. Moi, j’avais bu et j’étais prise d’une irrésistible envie de danser. Comme je ne voulais pas attendre qu’ils aient fini, j’ai préféré les accompagner à la salle de bains — même si cela signifiait les voir à l’oeuvre. Quand ils tapaient, je tournais la tête. Quand on m’en proposait, je refusais, toujours avec sourire. On ne peut leur en vouloir : leur geste résonne de générosité, ils souhaitent simplement offrir, pour partager cette nuit de façon plus particulière, plus dévergondée et ainsi que tout le monde finisse à l’aube.

Quand je suis rentrée chez moi, le soleil n’était pas encore levé, aux alentours de 6 heures du matin, ce qui est assez tard finalement. Je me suis réveillée vers 11 heures, la tête barrée à cause du Champagne — je vous l’accorde — mais pas plus. Et j’ai pu profiter de ce premier jour de l’année, par ailleurs très ensoleillé.

A bientôt !
Juliette