Mois: septembre 2015

Dernier cri

Je crois qu’il n’y a rien de plus ennuyeux que les blogs qui s’essoufflent mais continuent de publier en commençant leurs articles par un « ça fait longtemps que je n’ai rien posté ici… » ou un « les statistiques de mon blog… » tant il n’y a plus rien à raconter. Vous êtes encore nombreux à m’écrire, pour me poser des questions à propos de la coke ou simplement savoir comment je vais. Je décide donc, en ce matin de presque octobre 2015 – 6h35 – de prendre une dernière fois ma plume ici, avant de continuer ma route entre écriture et oenologie, peinture et voyage.

Vous pourrez toujours me suivre (mon site) ou bien (mon twitter).

Je vais bien, ça, c’est certain ! Pour ceux qui ont suivi, j’ai publié un récit en mars dernier, où je pense tout raconter à propos de la coke, du moins de ce que j’en ai vécu. Je me suis dévoilée pour tenter de venir à bout de ce sujet qui n’en finit pas de faire du bruit. J’ai eu la chance de faire des rencontres extras avec lecteurs, journalistes, monde de l’édition et écrivains. Mais aussi, de vivre parfois cette impression d’être enfoncée six pieds sous terre à cause de commentaires troublants et remarques dénigrantes. Jusqu’à me demander pourquoi cette violence, qu’est-ce qui pousse à être si dur avec les mots, doigts sur clavier ? Remettre en doute la véracité de mes propos, penser que je mens ou imaginer un coup médiatique… Mais non ! J’ai écrit cette histoire pour porter un éclairage, justement celui que je n’avais pas eu à 20 ans, et espérer que le prochain qui hésite à taper une ligne de coke en soit complètement dissuadé.

Ce qui m’amène à repenser aux réflexions très spéciales, que je peux encore lire, à propos du roman de Louisiane Dor « Les méduses ont-elles sommeil ? » lequel traite (presque) du même sujet que le mien : drogue, jeunesse, Paris. Avalé cet été, je ne peux que saluer la sincérité de son histoire, tant je me suis retrouvée à plusieurs reprises dans des situations aussi rocambolesque que sa narratrice. Depuis, j’échange avec Louisiane et cette relation épistolaire me réconforte dans l’idée que oui, c’est idiot d’être jaloux, que oui, ça aurait été nul que je me braque simplement parce qu’on a sorti des livres paraissant au prime abord similaires mais qui restent, au fond, uniques donc différents. Chacun porte en lui une histoire à raconter, elle nourrit ses viscères jusqu’à lui donner maux et fureurs. Pour s’en détacher, pour la tuer, il faut prendre un stylo et la coucher sur papier. Et ça porte bien plus ses fruits que de fouetter un auteur.

Pendant mon voyage en Inde ce mois dernier, j’ai rencontré l’auteur Deepti Kapoor. Elle vit à Goa et a publié au début de l’année un roman intitulé « Mauvais Garçon » et traduit aujourd’hui en France (Seuil). Elle y raconte aussi une jeune fille qui tombe amoureuse d’un mec et de la poudre. L’histoire se déroule à New Delhi, mais hormis ce détail, les diagonales convergent avec celles de mon roman ou celui de Louisiane. Parce qu’ici ou ailleurs, la cocaïne continue son chemin pour emprisonner les coeurs d’une génération en quête de sensation, de reconnaissance et d’elle-même.

Déjà deux années (28 mois, pour être exacte) sans une ligne de cocaïne, laquelle a bel et bien été remplacée par des lignes d’écriture. Je viens de boucler mon deuxième roman et m’attèle à la rédaction d’une pièce de théâtre que j’espère mettre en scène courant 2016. Deux années aussi depuis l’ouverture de ce blog, en octobre 2013, déjà. Heureuse, très heureuse d’avoir pu vous conseiller et vous épauler, chers lecteurs, d’en avoir aidé quelques-uns d’entre vous aussi. Et triste, un peu, de vous quitter. Bonne continuation à tous et n’oubliez pas : Soyez différents !

— Lolita Sene (Juliette F.)

Pour commander mon livre en format kindle « C. La face noire de la blanche », celui de Louisiane « Les méduses ont-elles sommeil ? » ou encore celui de Deepti « Mauvais Garçon ».

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